Fluoroquinolones et atteintes valvulaires cardiaques

Fluoroquinolones et atteintes valvulaires cardiaques :

En 2018, les fluoroquinolones avaient fait déjà l’objet d’une alerte sur le risque augmenté d’anévrysme et de dissection aortique. En 2019, l’APURONE (fluméquine), seule quinolone commercialisée en France, a été retirée du marché à la suite d’une réévaluation européenne jugeant le rapport bénéfice/risque défavorable ; en effet, il était relevé des effets indésirables graves, durables (durant plusieurs mois ou années), invalidants et potentiellement irréversibles, affectant principalement le système musculo-squelettique et le système nerveux. Aujourd’hui, les fluoroquinolones augmenteraient le risque de régurgitation mitrale et aortique d'environ 2 fois chez les patients prenant des fluoroquinolones par voie systémique par rapport aux patients prenant d'autres antibiotiques (amoxicilline ou azithromycine). En effet, les fluoroquinolones entraînerait une dégradation du collagène dans les myofibroblastes aortiques, comme on observe une dégradation du collagène dans la survenue des affections des tendons et de l'aorte associées aux fluoroquinolones.

Chez les patients à risque de régurgitation/insuffisance des valves cardiaques1, les fluoroquinolones par voie systémique et inhalée ne doivent être utilisées qu'après une évaluation approfondie des bénéfices et des risques et après avoir envisagé d’autres options thérapeutiques.

  1. Facteurs de risque : maladies congénitales ou préexistantes des valves cardiaques, affections du tissu conjonctif (par exemple le syndrome de Marfan ou le syndrome d'Ehlers-Danlos), syndrome de Turner, maladie de Behçet, hypertension artérielle, polyarthrite rhumatoïde et endocardite infectieuse